Une touche dorée sur vos cartes de visite, un logo argenté sur votre papier à en-tête, un titre brillant sur la couverture d’un rapport : l’imprimeur vous parle de dorure à chaud et de cliché. C’est une finition ancienne, toujours très prisée, qui ne s’imprime pas comme une couleur. Elle a ses propres exigences, sur le papier comme sur le fichier.
Ce qu’est la dorure à chaud
La dorure à chaud ne dépose pas d’encre. Elle transfère un film métallisé très fin sur le papier, à l’aide d’un cliché, une plaque gravée à la forme du motif. Le cliché est chauffé, puis pressé sur le papier à travers le film. Là où il appuie, le film se détache et adhère. Ailleurs, il reste sur son support.
Le résultat est un métal véritablement brillant, qui renvoie la lumière comme une feuille d’or. Aucune encre, même dite métallisée, n’atteint cet éclat. C’est ce qui fait la valeur de la dorure.
Le cliché est fabriqué spécialement pour votre motif. C’est une étape à part, qui explique une partie du coût, et qui se réutilise si vous recommandez le même travail. Pensez à demander à l’imprimeur de le conserver.
La pression du cliché marque légèrement le papier. Sur un papier épais et souple, la dorure s’enfonce un peu dans la fibre, ce qui ajoute un léger relief au toucher. C’est une partie du charme de ce procédé artisanal.
Or, argent, couleurs et effets
Le film le plus demandé est l’or, suivi de l’argent. Mais il existe une large gamme : cuivre, bronze, or rose, et des films de couleur métallisée, bleu, rouge ou vert.
Les films se déclinent aussi en finition. Brillant, l’éclat le plus classique, miroir. Mat, plus discret et plus moderne. Holographique, qui change de couleur selon l’angle de vue, plus rare et plus voyant.
Il existe enfin des films non métalliques, blancs ou noirs, brillants ou mats, qui créent un effet ton sur ton sur un papier de même couleur. Un logo noir brillant sur un carton noir mat, par exemple, ne se voit qu’à la lumière.
Demandez à voir un nuancier de films. Le rendu sur une photo ou un écran ne donne qu’une faible idée de l’effet réel.
Le papier qui la reçoit
La dorure demande un papier qui accepte le film. Les papiers lisses, couchés ou non, la reçoivent bien et donnent un trait net. Les papiers épais et légèrement texturés lui offrent un beau relief, à condition que la texture ne soit pas trop marquée : un grain profond empêche le film d’adhérer dans les creux.
Sur un imprimé pelliculé, la dorure se pose souvent par-dessus le pelliculage. Le pelliculage mat fait particulièrement ressortir l’éclat du métal. Vérifiez avec l’imprimeur que le pelliculage choisi accepte la dorure, car tous ne s’y prêtent pas.
La dorure peut se combiner avec un gaufrage, un relief obtenu en pressant le papier entre deux formes. Le motif doré devient alors aussi bombé. C’est l’effet des cartes et des faire-part les plus soignés.
Le fichier
Comme pour le vernis sélectif, la dorure ne se prépare pas comme une couleur. L’atelier a besoin d’un fichier qui indique exactement la zone à dorer, séparée du reste du visuel.
Placez les éléments à dorer sur une couche à part, remplis d’un aplat uni, en noir à pleine intensité ou dans une couleur d’accompagnement nommée « dorure ». Pas de dégradé, pas de transparence, pas d’image en pixels : la dorure est présente ou absente, sans nuance.
Les éléments doivent être vectoriels. Un logo ou un texte à dorer s’envoie en tracés, jamais en image. C’est à partir de ces tracés qu’est gravé le cliché.
Méfiez-vous des détails trop fins. Les traits très minces, les petites lettres à empattements délicats ou les zones très rapprochées se bouchent : le film comble les espaces et le dessin devient pâteux. Pour une dorure, prévoyez des formes et des textes un peu plus généreux que pour l’impression classique.
Si la dorure doit s’ajuster à un élément imprimé, prévoyez une petite tolérance. Le calage entre impression et dorure n’est jamais parfait au dixième de millimètre. Une dorure qui recouvre exactement un aplat imprimé de même forme risque de laisser apparaître un liseré.
Dorure, vernis ou encre métallisée
Trois procédés peuvent évoquer le métal, et ils ne se confondent pas. L’encre métallisée contient des particules qui lui donnent un léger reflet, mais elle reste une encre : son éclat est sourd, presque satiné. Elle convient quand on cherche une teinte plus qu’un brillant.
Le vernis sélectif apporte du brillant, mais transparent : il fait ressortir la couleur imprimée dessous, sans la rendre métallique. L’article sur le vernis sélectif détaille cette finition, souvent proposée en alternative.
La dorure à chaud, enfin, est le seul procédé qui produit un véritable reflet métallique. Elle coûte plus cher, mais elle se reconnaît au premier coup d’œil.
La dorure appartient à la finition des imprimés d’entreprise, aux côtés du vernis et du gaufrage. La rubrique design et image de marque réunit les guides sur ces effets.
Questions fréquentes sur la dorure à chaud
Peut-on dorer une petite quantité de cartes ?
Oui, mais le cliché représente un coût fixe, qui pèse lourd sur une petite série. Certains ateliers proposent une dorure numérique, sans cliché, plus adaptée aux petites quantités, avec un rendu légèrement différent.
La dorure tient-elle dans le temps ?
Très bien sur un support peu manipulé. Sur une carte souvent frottée, les angles peuvent s’user légèrement. Un pelliculage sous la dorure renforce l’ensemble.
Peut-on dorer un texte de petite taille ?
Jusqu’à un certain point. En dessous, les lettres se bouchent. Montrez le fichier à l’imprimeur, il vous dira si la taille passe ou s’il faut l’agrandir.
Faut-il refaire le cliché à chaque commande ?
Non, si l’imprimeur le conserve et que le motif ne change pas. Demandez-le explicitement à la première commande.
