Impression & PLV

Quel grammage pour un flyer : ce que le poids change en main

Par Camille Ferrand1 October 20267 min de lecture

Piles de flyers vierges de différentes épaisseurs de papier

Sur le bon de commande, une liste déroulante propose plusieurs grammages, et il faut en choisir un. Les descriptions promettent « léger », « standard », « premium ». À la livraison, certains clients sont surpris : le flyer paraît plus fin que prévu, ou il casse au pli. Le grammage ne dit pas tout, et il se choisit mieux quand on sait comment le flyer sera distribué.

Ce que mesure le grammage, et ce qu’il ne mesure pas

Le grammage indique le poids du papier, exprimé en grammes par mètre carré, noté g/m2 ou simplement g. Une feuille de papier au grammage élevé pèse plus lourd, à surface égale, qu’une feuille au grammage faible.

C’est un poids, pas une épaisseur. On l’oublie souvent. Deux papiers de même grammage peuvent avoir des épaisseurs différentes, selon la densité de leurs fibres et leur fabrication. Un papier bouffant, aéré, paraît plus épais qu’un papier très compact du même poids.

Ce n’est pas non plus une rigidité. La tenue d’une feuille, sa façon de rester droite ou de plier sous son propre poids, dépend aussi de la fibre et du couchage. Un papier couché, lisse et dense, peut sembler plus souple qu’un papier non couché de même grammage.

Les imprimeurs parlent de la main du papier pour désigner cette sensation au toucher : son épaisseur, sa tenue, son bruit quand on le manipule. Deux papiers de même grammage n’ont pas la même main. C’est la raison de bien des déceptions à la livraison, et c’est pour cela qu’un échantillon vaut mieux qu’un chiffre.

Les repères courants

Pour situer les grammages proposés, un point de comparaison aide beaucoup : le papier de bureau courant, celui de l’imprimante ou de la photocopieuse, pèse 80 g. Tout le monde a cette feuille en main chaque jour.

Les catalogues de flyers proposent le plus souvent quelques grammages repères : 115, 135, 170, 250, 350 g. Ce sont des valeurs de catalogue, pas des prescriptions. Elles permettent simplement de se situer.

Les plus légers, autour de 115 et 135 g, restent proches d’un papier un peu plus solide que le papier de bureau. Ils conviennent aux tracts distribués en grand nombre, qu’on lit une fois. À 170 g, le flyer gagne en tenue : c’est un grammage très répandu, qui donne une sensation de document soigné sans être rigide.

À partir de 250 g, on entre dans le territoire du carton léger. Le flyer tient debout, résiste aux manipulations, et commence à ressembler à une carte. À 350 g, on atteint un carton de carte, proche d’une carte de visite. Pour choisir entre 135 ou 170 g pour un flyer classique, comme entre 170 et 250 g pour un support plus durable, c’est l’usage qui tranche.

Choisir selon la distribution

Le bon grammage dépend de la façon dont le flyer va circuler. Chaque mode de distribution pousse dans un sens.

La distribution de main à main, dans la rue ou sur un salon, supporte un papier léger à moyen. Le flyer est pris, lu, souvent gardé quelques instants. Un grammage moyen suffit, avec une bonne tenue en main.

La boîte aux lettres demande un papier qui se glisse bien dans la fente, sans se froisser ni se déchirer. Un papier trop épais passe mal dans les boîtes étroites. Un papier trop fin se chiffonne au milieu du courrier. Les grammages intermédiaires fonctionnent bien.

Le présentoir, lui, impose un papier qui tient debout. Un flyer trop léger s’affaisse dans le casier, se courbe, et ne se voit plus. Pour un présentoir de comptoir ou d’accueil, il faut monter en grammage. Le pare-brise pose le problème inverse : le flyer doit résister à la pluie et à l’essuie-glace, ce qui plaide pour un papier plus solide ou un pelliculage.

L’envoi postal, enfin, fait entrer le poids en jeu. Un flyer plus lourd, c’est une enveloppe plus lourde. Pour un envoi en nombre, choisissez le grammage en connaissance de cause et vérifiez le poids total de l’envoi avant de commander.

Recto verso et transparence

Un flyer imprimé des deux côtés pose une question que le simple recto ignore : la transparence. Sur un papier trop fin, le verso transparaît à travers le recto, surtout sur les zones sombres ou les grands aplats.

L’effet est gênant à la lecture. Le texte du recto se superpose aux ombres du verso, et le document paraît sale. Un aplat noir au verso peut ainsi assombrir tout un paragraphe du recto.

Pour un flyer recto verso, surtout riche en couleurs, évitez les grammages les plus légers. Un papier un peu plus dense, ou un papier couché, limite nettement la transparence. Demandez un échantillon imprimé des deux côtés : c’est la seule façon de juger.

Le pli change tout

Dès qu’un flyer doit être plié, le grammage change de rôle. Un papier fin se plie sans difficulté. Un papier épais résiste.

Au-delà d’un certain grammage, le papier casse au pli. Les fibres se rompent, la couche d’impression se fendille le long de la ligne, et un filet blanc apparaît, très visible sur une couleur sombre. Le document plié paraît alors abîmé.

La solution s’appelle le rainage. Avant de plier, on marque la ligne de pli par une légère empreinte, qui guide la feuille et évite la cassure. Pour un papier épais, le rainage est indispensable. Si votre flyer devient un dépliant, prévoyez-le dès la commande, et parlez-en à l’imprimeur.

Grammage et finition

À grammage égal, la finition change la tenue du flyer. Un pelliculage, ce film fin posé sur la feuille, la rend plus rigide et plus résistante à l’humidité et aux frottements. Un flyer pelliculé paraît plus épais qu’il ne l’est.

Le papier recyclé, souvent plus bouffant, donne une main différente d’un papier neuf de même poids. Le papier couché, lisse, paraît plus fin qu’un non couché. Chaque combinaison donne un résultat propre, d’où l’intérêt de toucher avant de choisir.

Le choix de la surface compte aussi : notre article sur le choix entre papier mat et brillant détaille ce point. La rubrique flyers, impression et PLV rassemble les autres sujets d’atelier, et notre page sur le choix des supports imprimés présente l’ensemble des supports.

Questions fréquentes

Un flyer épais fait-il plus sérieux ?

Un flyer plus épais donne une impression de qualité en main, c’est vrai. Mais le sérieux vient surtout du contenu, de la mise en page et de la cohérence avec l’usage. Un flyer très épais distribué en boîte aux lettres peut même gêner. Le bon grammage est celui qui sert la distribution.

Quel grammage pour un envoi postal ?

Le poids du flyer s’ajoute à celui de l’enveloppe et des autres documents, et c’est le poids total qui compte. Un grammage plus léger allège l’envoi, surtout en grande quantité. Pesez un exemplaire complet, prêt à partir, avant de lancer l’impression de tout le stock.

170 ou 250 g, que choisir ?

Le 170 g convient à la plupart des flyers distribués et lus rapidement : il tient bien en main sans être rigide. Le 250 g s’approche du carton léger, pour un flyer qui doit tenir debout, durer ou faire office de carte. Choisissez selon la distribution, et demandez un échantillon de chaque.

Peut-on imprimer un flyer épais au bureau ?

Les imprimantes de bureau acceptent un grammage limité, indiqué dans leur notice. Au-delà, elles refusent la feuille ou provoquent des bourrages. Pour un papier épais, passez par le bac manuel si l’imprimante en a un, ou confiez le travail à un imprimeur.