Le tampon marque pâle, par endroits, ou ne marque plus du tout. Le réflexe est d’ajouter de l’encre. C’est parfois la bonne réponse, et parfois le début d’une bavure qui salira les documents suivants. Avant de recharger, il faut savoir ce qui fatigue, puis faire le geste proprement, et reconnaître le moment où il vaut mieux changer la cassette ou le tampon.
Le tampon marque pâle : encre ou autre chose
Une empreinte pâle n’est pas toujours un manque d’encre. Plusieurs causes produisent le même symptôme, et une seule se règle en rechargeant.
L’encre épuisée est la cause la plus fréquente, surtout sur un tampon qui sert tous les jours. L’empreinte pâlit progressivement, de façon homogène, sur toute la surface. C’est le cas simple.
La cassette desséchée ressemble à un manque d’encre, mais elle résiste. Un tampon oublié quelques mois dans un tiroir, capot ouvert, voit sa cassette sécher en surface. On recharge, l’encre ne pénètre plus, elle reste en flaque. Le texte du tampon encrassé donne un autre signe : l’empreinte est irrégulière, certaines lettres se bouchent, les petits caractères disparaissent, alors que le reste marque bien.
Restent les causes qui n’ont rien à voir avec l’encre. Une pression trop faible ou penchée donne une empreinte pâle d’un côté. Un support trop lisse, papier glacé, plastique, enveloppe à fenêtre, refuse l’encre ordinaire, qui perle au lieu de s’imprimer. Testez donc sur une feuille de papier ordinaire, à plat, avec une pression franche. Si l’empreinte est belle, le problème vient du support. Sinon, regardez l’encre.
Tampon automatique ou tampon à main : deux gestes
Deux familles de tampons existent, et elles ne se rechargent pas de la même façon.
Le tampon automatique contient son propre encrage. Le texte du tampon, en caoutchouc ou en polymère, se retourne à chaque coup pour se poser sur une cassette d’encre intégrée, puis revient vers le papier. Cette cassette est amovible. Elle se trouve en général juste au-dessus du texte, dans le corps du tampon, et se retire par le côté ou par l’avant, parfois après avoir enfoncé le tampon à moitié et bloqué le mécanisme. La notice fournie avec votre modèle indique la manœuvre exacte. On peut soit recharger cette cassette, soit la remplacer par une neuve.
Le tampon à main est plus simple. Il n’a pas d’encre intégrée : on l’appuie sur un coussin encreur séparé, une boîte plate garnie d’un feutre imbibé, avant chaque coup. C’est ce coussin qu’on recharge, pas le tampon lui-même. Le geste est le même que pour une cassette, sur une surface plus grande.
Dans les deux cas, identifiez l’endroit où se trouve l’encre avant de sortir le flacon. Beaucoup de bavures viennent d’encre versée directement sur le texte du tampon, par erreur.
Recharger la cassette
Le geste est simple, à condition de ne pas aller trop vite. Posez d’abord une feuille de papier journal ou un essuie-tout sur la table : l’encre à tampon tache durablement les vêtements et les bureaux.
Retirez la cassette du tampon automatique, ou ouvrez le coussin encreur. Posez-la à plat, face encrée vers le haut. Déposez l’encre goutte à goutte en surface, en la répartissant sur toute la zone, sans en concentrer au même endroit. Ne visez pas le bord, qui déborde vite.
Laissez ensuite pénétrer. C’est l’étape qu’on saute, et c’est elle qui fait tout. L’encre doit descendre dans le feutre, ce qui prend un moment. Tant qu’elle brille en surface, elle n’a pas pénétré.
Épongez l’excès. Tamponnez doucement la surface avec un papier absorbant pour retirer l’encre restée en surface. La cassette doit être humide, pas mouillée. Remettez-la enfin dans le tampon, et faites quelques essais sur une feuille de brouillon avant de tamponner un document.
L’erreur classique, c’est trop d’encre. On se dit que plus on en met, plus le tampon tiendra longtemps. En réalité, la cassette saturée rend l’encre au premier coup : l’empreinte bave, les lettres s’empâtent, le contour s’élargit, et le document est perdu. Mieux vaut recharger peu, plus souvent, que noyer la cassette une fois.
La bonne encre
Toutes les encres à tampon ne se valent pas, et surtout, elles ne se mélangent pas.
La première distinction porte sur la base. Il existe des encres à base d’eau et des encres à base d’huile. Elles ne sont pas compatibles entre elles : versées dans la même cassette, elles se séparent, sèchent mal et abîment le feutre. Il faut donc recharger avec la même famille d’encre que celle d’origine. La notice du tampon ou l’étiquette de la cassette l’indique.
La seconde distinction concerne le support. Les encres ordinaires sont faites pour un support poreux, le papier, le carton, qui boit l’encre. Pour tamponner du plastique, du métal, du verre ou un papier glacé, on utilise des encres spéciales, conçues pour sécher sur un support non poreux. Elles ne vont pas dans une cassette ordinaire.
La couleur, enfin, doit être celle de la cassette. Recharger en bleu une cassette noire donne un gris sale pendant longtemps, puis un bleu irrégulier. Si vous voulez changer de couleur, changez de cassette.
Nettoyer le texte du tampon
Avant de conclure que la cassette est morte, regardez le texte du tampon lui-même. Avec le temps, il s’encrasse.
La poussière et les fibres de papier se collent dans les creux des lettres, surtout sur un tampon utilisé sur du carton ou des enveloppes. L’encre sèche s’accumule aussi dans les petits caractères, qui finissent par se boucher. Résultat : une empreinte irrégulière, avec des lettres pleines et d’autres absentes.
Le nettoyage doit rester doux. Tamponnez plusieurs fois sur un morceau de ruban adhésif, face collante vers le haut, pour arracher les fibres. Pour l’encre sèche, un chiffon à peine humide suffit, passé délicatement. Évitez les solvants agressifs et les brosses dures, qui déforment le caoutchouc. Faites un essai après nettoyage : souvent, le tampon repart comme au premier jour.
Quand il faut changer la cassette ou le tampon
La recharge a ses limites. Une cassette qui ne boit plus l’encre, qui la laisse en flaque même après un long moment, est usée ou desséchée en profondeur. Il faut la remplacer. La même règle vaut pour une cassette déformée, fendue ou décollée de son support.
Le texte du tampon s’use aussi. Un caoutchouc fendu, des lettres écrasées ou arrondies, un contour flou qui ne vient ni de l’encre ni de la saleté : c’est la fin de la plaque. Un mécanisme cassé, qui ne revient plus ou reste bloqué, condamne le tampon automatique entier.
Dans ces cas, mieux vaut refaire le tampon que s’acharner. Notre article sur le choix d’un tampon encreur aide à trouver le bon modèle, la rubrique fournitures, impression et PLV regroupe les sujets d’atelier, et notre page sur les fournitures imprimées du bureau présente l’ensemble des fournitures.
Questions fréquentes
Combien de gouttes d’encre faut-il mettre ?
Cela dépend de la taille de la cassette et de son état, et c’est pour cela que nous ne donnons pas de chiffre. La bonne méthode consiste à déposer peu d’encre, à la laisser pénétrer, puis à tester. Si l’empreinte reste pâle, on recommence. On rattrape facilement un manque, jamais un excès.
Peut-on recharger avec une autre couleur ?
Ce n’est pas conseillé. Les deux couleurs se mélangent dans le feutre et donnent une teinte trouble pendant longtemps. Pour changer de couleur, remplacez la cassette ou le coussin par un neuf, dans la couleur voulue.
Pourquoi mon tampon bave-t-il ?
Presque toujours à cause d’un excès d’encre après une recharge. La cassette saturée rend l’encre au contact du texte. Épongez-la avec du papier absorbant et faites plusieurs empreintes sur du brouillon jusqu’à retrouver un contour net. Une encre inadaptée au support peut aussi baver.
Combien de temps attendre avant de tamponner ?
Le temps que l’encre pénètre dans le feutre et ne brille plus en surface. Ce délai varie selon l’encre et la cassette, et il vaut mieux attendre un peu trop que pas assez. Faites toujours quelques essais sur une feuille de brouillon avant de tamponner un document.
