Impression & PLV

Tracé de découpe : le préparer pour un sticker ou une forme

Par Camille Ferrand9 October 20266 min de lecture

Lame de découpe qui suit un contour sur une planche d'autocollants

Vous voulez un autocollant rond, un sticker à la forme exacte de votre logo, une carte aux coins arrondis ou une étiquette en forme de goutte. L’imprimeur vous demande un « tracé de découpe » dans le fichier. C’est le chemin que suivra la lame, et il obéit à des règles précises. Un tracé mal préparé est la première cause de retour d’atelier sur ce type de commande.

Ce qu’est un tracé de découpe

Un imprimé de forme irrégulière se fabrique en deux temps. L’atelier imprime d’abord le visuel sur une feuille ou un rouleau, puis une machine découpe chaque pièce en suivant un contour. Ce contour, c’est le tracé de découpe.

Il ne s’imprime pas. Il sert uniquement de consigne à la machine, une table de découpe à lame ou un laser selon le matériau. Il doit donc être séparé du visuel, pour que la machine le reconnaisse et que l’impression ne le reproduise pas.

Pour les grandes séries, l’atelier fabrique parfois une forme de découpe, une sorte d’emporte-pièce en métal construit d’après votre tracé. Le principe reste le même : un contour précis, fourni dans le fichier.

Le tracé s’emploie bien au-delà des autocollants : boîtes, étiquettes de forme, chevalets de table, marque-pages, accroche-portes. Dès qu’un imprimé n’est pas un simple rectangle, il en faut un.

Le préparer dans le fichier

Le tracé se dessine en vectoriel, comme un trait fin, sans remplissage. Il doit être fermé : un contour ouvert, même d’un point, laisse la machine hésiter ou découper de travers.

On lui attribue en général une couleur d’accompagnement, une couleur spéciale nommée, par exemple « CutContour » ou simplement « découpe », selon la convention de l’atelier. C’est ce nom qui permet à la machine de distinguer le tracé du reste. Demandez le nom exact attendu avant de préparer le fichier.

Placez-le sur un calque à part, au-dessus du visuel, et réglez-le en surimpression. Ce réglage indique que le tracé ne doit pas effacer ce qui se trouve dessous à l’impression. Sans lui, un fin liseré blanc peut apparaître le long du contour.

Le tracé doit suivre la forme voulue, pas forcément le contour exact du dessin. Pour un logo découpé, on dessine souvent un contour légèrement élargi, qui entoure le logo d’une petite marge régulière. La découpe paraît ainsi plus nette et plus solide.

Avant l’envoi, affichez le tracé seul, sans le visuel. Vous verrez immédiatement les points en trop, les contours doublés ou les fragments oubliés, invisibles quand tout est superposé.

Le fond perdu et la zone de sécurité

La lame ne tombe jamais exactement sur le trait. Elle suit une tolérance de quelques fractions de millimètre. D’où la règle, valable pour toutes les découpes : le visuel déborde au-delà du tracé, et les éléments importants restent à l’intérieur.

Le débord, appelé fond perdu, évite qu’un léger décalage laisse apparaître le support blanc au bord de l’autocollant. Le principe est le même que pour une carte ou un flyer, et l’article sur le fond perdu l’explique en détail.

La zone de sécurité, à l’intérieur, protège les textes et les détails. Un mot placé contre le tracé risque d’être entamé par la lame. Gardez une marge confortable entre le contour et tout ce qui doit rester lisible.

Les formes qui coincent

Certaines formes se découpent mal, quelle que soit la machine. Les angles très aigus, d’abord : la lame peine à pivoter, l’adhésif se déchire ou se décolle à la pointe. Arrondir légèrement les angles règle la plupart des cas.

Les creux étroits, ensuite. Une fente fine entre deux parties d’un logo, une encoche minuscule, un détail plus petit que la lame : la découpe les ignore ou les arrache. Simplifiez le contour pour ne garder que les formes d’une taille suffisante.

Les contours trop complexes, enfin. Un tracé obtenu automatiquement à partir d’une image contient souvent des centaines de points inutiles. La machine les suit tous, ralentit, et le résultat tremble. Un contour redessiné proprement, avec peu de points, se découpe mieux.

Les pièces trop petites posent aussi problème, surtout sur un adhésif épais. En dessous d’une certaine taille, l’autocollant se décolle mal de son support. L’atelier vous indiquera la taille minimale qu’il accepte pour votre matériau.

Mi-chair ou pleine chair

La découpe peut traverser tout le matériau, ou seulement une partie. En découpe pleine chair, la lame coupe l’adhésif et son support : chaque autocollant est une pièce indépendante, à la forme exacte du tracé.

En découpe mi-chair, la lame coupe l’adhésif mais pas le papier de protection au dos. Les autocollants restent sur une planche ou un rouleau, et se décollent un à un. C’est le format des planches de stickers et des étiquettes en rouleau.

Certaines commandes combinent les deux : une découpe mi-chair autour de chaque sticker, et une découpe pleine chair autour de la planche. Le fichier porte alors deux tracés, à nommer différemment.

Les découpes de forme font partie de l’impression et la découpe pour l’entreprise, de l’étiquette au panneau de vitrine. La rubrique découpe, PLV et impression regroupe les guides consacrés à ces travaux.

Questions fréquentes sur le tracé de découpe

Peut-on découper un autocollant à la forme d’une photo ?

Oui, en dessinant un contour autour du sujet de la photo. Le contour se dessine à la main ou se génère dans un logiciel, puis se simplifie. Une marge régulière autour du sujet donne le meilleur résultat.

L’imprimeur peut-il faire le tracé lui-même ?

Souvent, oui, moyennant un temps de préparation. Pour une forme simple comme un cercle ou un rectangle arrondi, il le fera en quelques minutes. Pour un contour complexe, mieux vaut le fournir.

Le tracé doit-il avoir une épaisseur précise ?

La plus fine possible. L’épaisseur du trait n’a pas d’importance pour la machine, qui suit le centre du tracé, mais un trait fin évite toute confusion avec le visuel.

Pourquoi un liseré blanc apparaît-il au bord ?

Parce que le visuel ne débordait pas assez au-delà du tracé, ou que le tracé n’était pas en surimpression. Les deux se corrigent dans le fichier avant l’envoi.