Un menu, une présentation d’activité, un programme d’événement : le dépliant en trois volets est l’un des imprimés les plus demandés. C’est aussi l’un de ceux qu’on réimprime le plus souvent, pour deux erreurs qui reviennent toujours. Les volets ne sont pas dans le bon ordre, ou le volet intérieur bute dans le pli. Les deux s’évitent avant même d’ouvrir le logiciel.
Le pli roulé et le pli accordéon
Un dépliant trois volets se plie de deux façons principales. Elles ne s’ouvrent pas de la même manière, et chacune impose son ordre de lecture.
Le pli roulé, aussi appelé pli portefeuille, replie les volets les uns dans les autres. On rabat le volet de droite vers l’intérieur, puis on referme le volet de gauche par-dessus. Fermé, le dépliant ressemble à un petit livre. On l’ouvre en deux temps : d’abord le volet de couverture, puis le volet rabattu, pour découvrir l’intérieur en entier.
Le pli accordéon, ou pli en zigzag, plie les volets alternativement dans un sens puis dans l’autre. Fermé, il présente la même taille, mais il s’ouvre d’un seul geste, comme un accordéon. Les volets se lisent alors à la suite, de gauche à droite.
Le choix n’est pas qu’esthétique. Le pli roulé met en scène une découverte en plusieurs étapes. Le pli accordéon présente les informations à plat, en continu. Décidez de la façon dont le lecteur doit découvrir votre contenu avant de décider du pli.
L’ordre des volets, le piège numéro un
C’est l’erreur la plus fréquente au comptoir. Sur l’écran, le document se présente comme deux pages plates : un recto de trois volets, un verso de trois volets. Tout paraît logique. Une fois plié, la couverture se retrouve au milieu, le plan d’accès à l’intérieur, et le texte d’accroche caché sous un rabat.
La cause est simple : dans un pli roulé, l’ordre des volets à l’écran ne correspond pas à l’ordre de lecture. La couverture, ce que le lecteur voit en premier, n’est pas le premier volet du recto. Elle se trouve sur le verso, sur le volet de droite en général. Le dos, qu’on voit en retournant le dépliant fermé, se situe au centre du même côté. Le volet rabattu, découvert à la première ouverture, est le dernier volet de ce côté.
Plutôt que de retenir ces positions, faites une maquette. Prenez une feuille A4, pliez-la comme le dépliant final, puis écrivez sur chaque volet ce qu’il doit contenir : « couverture », « dos », « rabat », « intérieur gauche », et ainsi de suite. Dépliez ensuite la feuille. Vous voyez exactement où chaque contenu doit aller sur le recto et sur le verso.
La règle d’atelier tient en une phrase : on plie avant de mettre en page. Une maquette pliée à la main prend peu de temps et évite la plupart des réimpressions.
Le volet qui rentre est plus étroit
Deuxième erreur classique, spécifique au pli roulé. Le format ouvert le plus courant est l’A4, 210 x 297 mm, découpé en trois volets. Le réflexe est de diviser la largeur en trois parts égales. C’est une erreur.
Dans un pli roulé, le volet qui se replie à l’intérieur doit rentrer dans l’espace formé par les deux autres. S’il a la même largeur qu’eux, il bute dans le pli, se tord, et empêche le dépliant de se fermer à plat. Le résultat gondole, et la couverture ne tombe pas droite.
Le volet intérieur doit donc être quelques millimètres plus étroit que les deux autres. La valeur exacte dépend de l’épaisseur du papier et de la machine de pliage : elle se demande à l’imprimeur, qui fournit souvent un gabarit avec les bonnes largeurs. Le pli accordéon, lui, peut garder trois volets égaux, puisqu’aucun ne rentre dans l’autre.
Si vous montez votre fichier sans gabarit, vos repères de pli seront faux, et tout le contenu se décalera d’un volet à l’autre. Partez du gabarit.
Ce qu’on met sur chaque volet
Chaque volet a un rôle. Les respecter rend le dépliant lisible d’un coup d’œil.
La couverture doit porter une promesse, pas le logo seul. Le lecteur doit comprendre en une seconde ce qu’il gagne à ouvrir le dépliant : ce que vous proposez, à qui, où. Le logo accompagne ce message, il ne le remplace pas.
L’intérieur, une fois ouvert, présente trois volets côte à côte. Pensez-les comme trois blocs lisibles d’un coup d’œil, chacun avec son titre : vos services, votre méthode, vos réalisations, par exemple. Évitez le texte continu qui court sur les trois volets en ignorant les plis.
Le dos, enfin, accueille les informations pratiques : coordonnées, horaires, plan d’accès. C’est là que le lecteur les cherche, en retournant le dépliant. Le volet rabattu, dans un pli roulé, sert de transition : un complément, une offre, un témoignage.
Le fichier : recto, verso, repères de pli
Le fichier d’un dépliant trois volets comporte deux pages : le recto et le verso, chacun au format ouvert. Chaque page doit prévoir un fond perdu tout autour, pour la coupe, et des repères de pli qui indiquent où les volets se plient.
Ne placez rien d’important sur les plis. Un texte, un visage ou un chiffre de téléphone qui tombe sur une ligne de pli est coupé en deux et devient illisible. Gardez une petite marge de chaque côté des plis, comme on le fait près des bords.
Pensez aussi au papier. Un papier épais doit être rainé avant d’être plié, sinon il casse le long du pli. Le choix du papier est détaillé dans notre article sur le grammage d’un flyer. La rubrique supports de marketing et communication regroupe les autres supports, et notre page sur la réalisation d’un imprimé de A à Z présente l’ensemble des étapes.
Questions fréquentes
Quel format pour un dépliant trois volets ?
Le format ouvert le plus courant est l’A4, 210 x 297 mm, plié en trois. D’autres formats existent, plus petits ou plus allongés. Dans tous les cas, partez du gabarit fourni par l’imprimeur, qui tient compte du volet intérieur plus étroit dans un pli roulé.
Peut-on faire un dépliant trois volets dans Word ?
C’est possible avec un modèle adapté, mais délicat. Word ne gère ni le fond perdu ni les volets de largeurs différentes, ce qui complique le pli roulé. Pour un dépliant imprimé en nombre, un logiciel de mise en page ou le gabarit de l’imprimeur donnent un résultat bien plus fiable.
Plier soi-même ou faire plier ?
Pour quelques exemplaires, le pliage à la main reste possible, avec une règle et du soin. Pour une série, le pliage en machine donne des plis réguliers et droits, que la main ne reproduit pas. Il évite aussi les heures passées à plier, et les dépliants de travers.
Faut-il un rainage ?
Sur un papier fin, le pliage se fait sans rainage. Sur un papier épais, le rainage est indispensable : il marque la ligne de pli et empêche la couche d’impression de casser. Demandez à l’imprimeur à partir de quel papier il le recommande pour votre projet.
